25 cascades du Bras du Bernica et du Grand Bras Sec depuis Maison Martin

Difficulté
Très difficile
Indice de confiance Moyen
1-Excellent: Toujours correct : j'y vais sans réfléchir, même seul.

2-Bon: Petite vérification avant de partir. Mini-problème possible sans danger : j'y vais aussi sans réfléchir, même seul.

3-Moyen: Quelques fermetures récentes, climat incertain de la région. Boue, herbes hautes et mouillées, glissades possibles, etc. J'étudie, je me renseigne avant le départ, mais j'y vais.

4-Faible: Souvent fermé, des critiques fréquentes, une végétation non domestiquée. Dangers possibles. Coupe-coupe ou corde dans le sac. À réserver aux initiés. Enfants à la maison. Ne jamais partir seul.

5-Danger/Médiocre: Trop de problèmes partout : végétation invasive, fermeture officielle, difficulté importante, sentier marron difficilement réhabilitable, éboulis, zone infrachissable, guide nécessaire, privatisation d'un passage, etc. À réserver aux aventuriers ou habitués de la découverte très sportive. Il y a d'autres circuits à effectuer avant. Je n'y vais pas.
Durée 8h30
Distance 6.9 km
Type de trajet
Altitude haute-basse 1089 - 527 m
Dénivelé positif 180 m
Dernière mise à jour 02/02/2026

Un festival de bassins mais guère le temps de se baigner

Nous retrouvons avec grand plaisir Laurent qui, après trois sorties de reconnaissance, nous amène découvrir ces 25 cascades régulièrement espacées sur deux ravines de la région Nord qu'il connaît comme sa poche.
Magnifique randonnée qui ne doit en aucun cas attirer les débutants en orientation, en descente de ravine ou en recherche de sentier braco. Pour info, nous avons mis 7h10 pour effectuer les 2900 m de descente de ravines.

Avec Cilaos, la région Nord est la plus intéressante pour trouver de nombreuses cascades. La Rivière Ste-Suzanne en propose tellement qu'il faut plusieurs randonnées aquatiques pour toutes les trouver. Le Bras Laurent n'est pas en reste avec de belles photos garanties. Plus de cent d'entre elles sont présentées sur cette page dans la région. Des petites ravines, moins connues, qui descendent des flancs de la Roche Écrite ou de la Plaine des Fougères attirent davantage les braconniers que les canyonistes et encore moins les randonneurs. Elles ne sont pas pérennes pour la plupart mais sont en eau plus de 9 mois par an car elles sont alimentées par quelques sources. Aucun sentier officiel ne permet de s'en approcher. La découverte d'un ancien passage ou les traces d'un petit sentier est le plus souvent fortuite. Il faut donc le parcourir jusqu'au bout sans aucune assurance de trouver une belle ravine. Une fois sur les berges, il est assez facile de les longer ou de les parcourir vers l'aval en marchant parfois dans l'eau ou en contournant les obstacles. Ce sont ces contournements en mode "sanglier" qui ralentissent la progression et doivent décourager tout marcheur non expérimenté à se lancer dans ces aventures aléatoires. Le GPS laisse des traces non fiables et le réseau est inexistant sur toute la descente. En cas d'incident, la remontée est souvent très difficile voire impossible. Il est bien évidemment totalement déconseillé de s'y rendre seul. Il est important de partir aux aurores afin d'être certain de sortir de la dernière ravine avant la nuit si un incident a pu ralentir le cheminement. C'est fourbu que l'on arrivera au bus ou au véhicule mais le souvenir de cette trentaine de cascades fera vite oublier l'effort fourni.
Dans le texte ci-dessous, il est fait référence à quelques cascades présentées par un numéro (C8 par exemple) que l'on retrouve en affichant les cascades présentées dans le § Points d'intérêt, sous l'itinéraire.

La randonnée débute au plus près de l'arrêt de bus Jacinthes et se terminera à l'arrêt Azalées pour les amateurs de transport en bus (Photo 1). Si l'on étudie les trajets et horaires, c'est sans doute la meilleure solution qui évitera de monter à 1000 m avec 2 véhicules. Près de l'arrêt de bus est érigé un grand oratoire en dur et en verre inauguré en 2023. De l'autre côté de la route, dans le virage, débute un sentier discret dans les herbes et fougères (Photo 2). Uniquement fréquenté par les employés de l'eau et les pêcheurs, il est assez envahi de goyaviers, fougères et longoses mais facile à suivre sans hésitation (Photo 3). Il coupe à mi-parcours une petite ravine. Dans la descente suivante on entend le bruit d'une chute d'eau avant de deviner une trace discrète qui en prend la direction. 20 m plus loin, on arrive à cette jolie chute dans un écrin de verdure et de branches moussues (Photo 4). Cela donne déjà une très bonne impression pour envisager la suite. Reprendre le sentier et terminer la descente jusqu'à la rive de la Ravine du Bernica. Très vite on se retrouve près de câbles et l'on comprend que le sentier sert aux ouvriers de maintenance d'un captage situé plus en aval (Photo 5). Le sol des berges permet toujours de trouver un passage aisé. (Photo 6). Il faut cependant prendre garde à une glissade possible dans les bassins qui bordent le sentier (Photo 7). On frôle les cascades 2, 3 et 4 avant de parvenir à un magnifique endroit digne des plus belles cartes postales. Les chutes d'eau de chaque côté (C5) encadrent de magnifiques arbres recouverts de mousses (Photo 8). On pourrait rester ici longtemps mais il reste d'autres cascades à découvrir. Les câbles amènent au petit barrage aménagé pour alimenter un captage en rive gauche (Photo 9). Si jusqu'ici, le cheminement s'effectuait sans effort, il faut, pour atteindre le pied de la C6, trouver en rive droite le minuscule sentier en pente si forte que les goyaviers sont indispensables pour conserver l'équilibre (Photo 10). Une fois à la ravine, on peut se rendre au pied de la petite chute (Photo 11). Poursuivre quelques minutes le long de cette première ravine jusqu'à la C7. C'en est fini de cette courte descente de la Ravine du Bernica. Partir sur la droite sur une trace très discrète qui attaque le rempart comme si l'on voulait contourner cette chute et son bassin. Mais ce sentier sert simplement à rejoindre le Grand Bras Sec. La pente est sérieuse dans les pailles sabres. On longe un tuyau noir sur quelques mètres puis on parvient au sommet du rein que l'on suit un peu dans des mousses et branles verts. Le sentier, toujours aussi étroit, entame ensuite sa descente vers le Grand Bras Sec où il finit par un palier glissant (Photo 12). Le bras est beaucoup plus large que la Ravine du Bernica. Entamer pour plusieurs heures la descente de ce ruisseau calme qui se transformera petit à petit en torrent. Pas d'indication pour ce cheminement qui s'effectue toujours en choisissant le meilleur passage, sur les berges, sur les roches ou tout simplement dans l'eau (Photo 13). Sur les 7 heures de descente, on aura souvent à passer des rochers plus hauts que la moyenne imposant quelques acrobaties sans danger (Photo 14). Au bout de 5 minutes, on arrive à l'un des plus beaux bois de rempart de l'île imposant de passer sous ses énormes branches (Photo 15). La descente se poursuit, toujours aussi instinctive si on prend le temps de rechercher le bon passage au lieu de se lancer tête baissée dans le lit du torrent (Photo 16). Les bassins se multiplient ainsi que les cascades. Ces dernières rivalisent de beauté comme la C1, la première rencontrée, qui donne envie de poursuivre (Photo 17). Les contournements, très fréquents, seront le facteur de ralentissement de la journée. Si tous sont situés en rive droite au début, il faudra cependant chercher en rive gauche quand cela ne sera pas possible. Le relief et l'intensité de la végétation ont vite fait de renseigner sur la faisabilité de ces contournements. Ils sont très courts et ne s'éloignent jamais trop du cours d'eau. Tous sont sportifs car ils demandent de l'équilibre dans les fortes descentes ralenties par les branches en travers. Les goyaviers, partout considérés comme des pestes à éradiquer, sont ici salutaires. Les petites chutes et nombreux rapides se suivent sans détournement. Il suffit de trouver un passage sur les berges ou de mouiller les pieds pour passer les obstacles (Photo 18). On ne compte plus les arbres tellement recouverts de mousse qu'ils ont du mal à sortir du feuillage (Photo 19). La C3 vaut également le coup d'œil (Photo 20). Son grand bassin donne des envies de baignade mais il faut toujours garder à l'esprit la rapidité des aiguilles du chrono. Juste après la C5, on arrive au confluent de la Ravine Fond de Bouc qui offre de beaux rapides si on a le temps de la remonter un peu. A mi-parcours, le sol, occupé par les gros galets depuis le départ, à tendance à laisser la place aux larges plaques basaltiques qui facilitent la progression (Photo 21). On ne quitte pourtant pas les rochers comme ceux bordant la C6 (Photo 22). On retrouve un magnifique jamrosat couvert de mousses et de fougères juste après la C8 (Photo 23). Trois cascades plus loin, après de nouveaux contournements dans les fourrés, on passe au plus près de la C12 que l'on aperçoit tout d'abord dans une fenêtre  de gros rochers (Photo 24). On peut s'en approcher facilement en prenant garde au dérapage sur le fond glissant (Photo 25). Après une quinzaine de beaux rapides et 18 cascades (Photo 26), on approche de la Rivière Sainte-Marie qui surgit de la droite. Elle a beaucoup moins de débit que le Grand Bras Sec. Longer la berge sur quelques mètres en rive droite et trouver un nouveau sentier, tout aussi discret que les précédents. Il est court mais en forte pente dans les bois de couleurs, goyaviers et jamrosats (Photo 27). Il se termine au sentier, plus large, menant au Piton Charpentier. Partir à gauche sur ce sentier et poursuivre facilement jusqu'au premier embranchement. Descendre tout aussi fortement vers la Rivière Sainte-Marie à quelques mètres de la passerelle menant au captage. Emprunter le sentier vers Montée Sano. Après le grand réservoir, emprunter la Route de Bellevue vers la gauche et suivre routes ombragées, pistes et tronçon de sentier pour atteindre le Chemin Conteur que l'on suit jusqu'à la fin pour trouver l'arrêt de bus 48a.

Balises

Aucun balisage

Profil

Plan de l'itinéraire

Itinéraire

A partir de la RN2 à Sainte-Marie, prendre le Chemin Tabur depuis le Verger – Rejoindre La Ressource et poursuivre vers Beaumont – Laisser un véhicule au début de la Route des Fleurs - Continuer avec un autre sur la Route des Fleurs jusqu'au grand oratoire récent à Maison Martin – Débuter la randonnée sur le petit sentier proche de l'oratoire puis rejoindre la Ravine du Bernica pour y chercher les premières cascades – Après le petit barrage, couper à travers bois et atteindre le Grand Bras Sec - Le descendre de rapides en toboggans, de bassins en cascades jusqu'à la Rivière Sainte-Marie – Trouver, au confluent, le sentier remontant vers celui du Piton Charpentier – Partir à gauche puis à nouveau à gauche vers les captages de la Rivière Sainte-Marie pour revenir à Montée Sano – Rejoindre le début de la Route des Fleurs par de petites routes, chemins et sentier entre les habitations.
Il est possible aussi de rejoindre le début de la randonnée par le bus 48 jusqu'à l'arrêt Jacinthes. A la fin, prendre la même ligne ou la 48a à l'arrêt Azalées pour revenir vers Sainte-Marie.

Le film de Martial

Martial, tout au long du parcours, a filmé les principaux passages et un grand nombre de cascades et rapides. Voici 3 minutes pour résumer plus de 7 heures consacrées à descendre 2900 m de ravine sans jamais se reposer et encore moins se baigner.
Si la première partie peut donner envie de s'y rendre rapidement, la seconde n'arrive pas à représenter les efforts nécessaires à ces descentes et contournements de cascades dans une végétation très touffue.
VOIR LE FILM


Commentaires sur cette randonnée (2)

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Ousarsiph2, 02/02/2026 15:31
Randonnée complétée le 24/01/2026 en 8h30

Bonjour
Belle sortie, pour laquelle il faut cibler à la fois une journée bien ensoleillée, mais hors période de sécheresse afin d'avoir les jolies cascades bien alimentées en eau.
Nous l'avions réalisée le 15 mars 2025 avec Oremus en un peu moins de 7h tout compris, mais avec un niveau d'eau un peu plus bas que lors de la réalisation de la fiche, et surtout des rochers bien secs du début à la fin, ce qui assure une progression plus rapide.
La descente du Grand Bras Sec peut paraître longue, mais est rythmée régulièrement d'obstacles originaux : fatigue, peut être... mais lassitude, non !
La partie basse de la randonnée peut s’effectuer en 5h aller-retour depuis Monte Sano jusqu’à la cascade 13 (photo 26) (Voir les commentaires sur la randonnée 1352).
Le début de la partie haute pourrait aussi s’effectuer en 2h aller-retour en poursuivant un peu dans le Bras du Bernica jusqu’à la haute cascade indiquée sur la carte IGN au nord du point 1057.

Martial, 02/02/2026 06:26
Randonnée complétée le 24/01/2026

Fiche de randonnée hors normes.
Ici, on ne parle pas de randonnée classique, mais d’une immersion totale dans une ravine sauvage, engagée et impitoyable.
Plus de 25 cascades à contourner ou à franchir, des cassés successifs, des rochers glissants, aucune progression évidente.
Plus de 7 heures pour à peine 3 kilomètres, chaque mètre se gagne à l’effort, à l’instinct, parfois au renoncement.
Le terrain est fermé, brut, sans échappatoire, la nature y impose ses règles sans concession.
Cette sortie s’adresse uniquement à des pratiquants très expérimentés, lucides sur les risques et capables d’évoluer dans un milieu isolé et hostile.
La ravine ne donne rien.
Elle prend du temps, de l’énergie, parfois des doutes.
En retour, elle offre ce privilège rare : le bonheur profond d’avoir vécu quelque chose d’authentique.

Randonnée ajoutée le : 01/02/2026